Histoire d’une Couturière

L’origine de l’idée vient des nombreuses sollicitations de mes proches (parents, amis et conjoint) à créer mon atelier de couture au vu de mes compétences et expériences dans le domaine du textile. L’envie de trouver une stabilité professionnelle tout en alliant la passion, la rigueur et la technicité d’un métier d’art fut le dernier élément déclencheur de cette mise en oeuvre.

Cette future activité se veut être en accord avec ma vie de famille. Maman de deux enfants, je veux pouvoir jongler sur les deux plans d’une façon équitable. Certes, notre région est dans une conjoncture d’emploi précaire mais en demande de service à la personne.
Sachant m’investir pour un employeur à 100%, je désire faire de cette expérience, l’occasion d’assurer mon gagne-pain en acceptant les conséquences (positives ou négatives) de ma cadence d’investissement et d’objectifs à atteindre.

Pourquoi créer dans le domaine de la création et de la retouche vestimentaire et d’ameublement ? Issue d’une famille nordiste où les femmes travaillaient en filature, j’ai toujours vu ma mère confectionner des tenues pour ses enfants. Le bruit de la machine à coudre est comme une douce musique, la boîte à boutons reste un trésor dans lequel j’aime y plonger les doigts (pour reprendre l’image du film d’Amélie Poulain).

Mon parcours scolaire est un choix personnel pour lequel il m’avait fallu convaincre ma mère, pendant un an, de me laisser intégrer un CAP / BEP couture floue, et cela au grand drame de mes professeurs de collège.
Très tôt, je me suis imaginée sortir des études avec un métier manuel et utile en main, être dans un domaine où il est important d’apprendre tous les jours et même des autres, où il faut dépasser ses limites et évoluer selon les goûts, les époques et les nouveaux matériaux.

A la suite de l’apprentissage des rudiments, les échelons ont été gravi au fur et à mesure du BAC PRO Artisanat et Métiers d’Art jusqu’à l’obtention d’un BTS Modéliste. A la fin de cette période, j’ai eu l’opportunité d’appliquer et d’élargir ces savoirs dans une centrale d’achat puis dans un bureau d’étude.

Le plaisir de créer, de mettre en forme des idées, d’imaginer le montage et l’industrialisation d’un produit m’épanouissent et me permettent de m’enrichir.

Le poste de modéliste étant venu à disparaitre lentement mais sûrement, je me suis reconverti dans d’autres domaines tout aussi passionnants mais qui ne m’émoustillaient pas autant.
Le jeu des aiguilles me reprenait lors de moments creux. Et bien que satisfaisante, ma dernière carrière professionnelle (conseillère en insertion professionnelle) n’était pas assez conciliante avec mes principes de vie et de famille. Aussi, une nouvelle porte s’est ouverte. Je souhaite donc la passer accompagnée de mes chéris tout en relevant ce challenge.